« Celui qui renonce à devenir meilleur, cesse déjà d’être bon »

« Celui qui renonce à devenir meilleur, cesse déjà d’être bon »

Cet adage dont la paternité reste assez floue (peut être un soldat anglais ?) traduit bien l’importance de l’apprentissage constant pour garder un niveau de performance élevé. Une métaphore assez explicite est celle du vélo: quand on arrête de pédaler, on tombe.

Afin d’illustrer ces propos et de comprendre pourquoi l’action d’apprentissage est fondamental dans le niveau de performance, nous allons nous intéresser, après le football, au tennis et surtout à ses 3 plus grands champions, que nous aurons eu la chance de voir jouer à la même période: Roger Federer, Rafael Nadal, Novak Djokovic.

ROGER FEDERER

Commençons par le plus grand ou au moins le plus titré, le Suisse Roger Federer. 20 titres du Grand Chelem, 6 masters, 99 titres ATP à aujourd’hui, c’est la référence absolue en matière de tennis. Il devient numéro 1 mondial en 2003 et survole le tennis mondial entre 2003 et 2005 jusqu’à l’arrivée de Rafael Nadal sur le circuit. Fin 2005, il compte déjà 6 tournois du Grand Chelem, ce qui en fait déjà l’un des plus grands de son sport.

Alors qu’il aurait pu se satisfaire de ses 6 titres, l’arrivée de Nadal va l’obliger à travailler encore et encore et à trouver de nouvelles armes pour continuer à gagner: rivaliser en fond de court avec son grand rival sera sa priorité à ce moment-là. Certes, il ne gagna pas à chaque coup contre Nadal, bien au contraire, mais ce travail en fond de court lui permit de le battre 2 fois en finale d’un tournoi sur terre battue, le jardin de Nadal: à Hambourg en 2007 (2/6, 6/2, 6/0) avec une véritable démonstration dans les 2 derniers sets et à Madrid en 2009 (6/4, 6/4). Au delà de ce duel, c’est ce travail en fond de court qui lui a permis de décrocher le titre à Roland Garros en 2009 pour la première et seule fois de sa carrière.

Cette adaptation lui a permis de faire face également un autre adversaire arrivé au top en 2008 et qui joue dans le même registre que Nadal: Novak Djokovic. Si bien qu’à Wimbledon 2012, Roger Federer remporte son 17ème titre du Grand Chelem devant Andy Murray et son public.

Vient ensuite pour Roger, une longue traversée du désert avec des éliminations prématurées en Grand Chelem contre des joueurs supposés inférieurs. En 2013, il atteint 32 ans, l’âge de la retraite pour la plupart des tennismen mais lui ne lâche pas il continue à travailler pour toujours progresser et s’adapter à ses compétences qui évoluent avec son âge: il devient moins résistant alors il change son jeu, prend la balle encore plus tôt et devient encore plus agressif (ex: le coup du SABR – Sneak Attack By Roger = retour volée). Cette volonté de progresser et de s’adapter sans arrêt le rend encore meilleur et l’amène même probablement au sommet de son art à l’open d’Australie 2017 où il remporte son 18ème Grand Chelem lors d’un des plus beau match de tous les temps face à son rival de toujours Rafael Nadal (6-4, 3-6, 6-1, 3-6, 6-3).

A vouloir toujours devenir meilleur, Roger en gagnera encore 2 Grands Chelems de plus (Wimbledon 2017 et Australie 2018)… et son histoire n’est peut être pas terminée…

RAFAEL NADAL

Monstre physique prédestiné à écraser tout le monde sur terre battue sa surface de prédilection, Rafael Nadal a lui aussi prouvé que pour rester au sommet, il faut sans arrêt vouloir devenir meilleur.

Certes Rafa a gagné 11 fois Roland Garros et cette performance est tellement énorme qu’il ne faut surtout pas la minimiser mais la grande force de Nadal réside dans 2 actions essentielles:

1- Tout en capitalisant sur ses points forts (coup droit, jeu de fond de court, résistance physique), il a su faire progresser son jeu pour gagner sur d’autres surfaces (volée et service notamment) et il a remporté 6 Grands Chelems ailleurs qu’à Roland Garros et sa victoire la plus probante restera Wimbledon 2008 où il triomphe de Roger Federer et de la nuit (6-4, 6-4, 65-7, 68-7, 9-7).

2- Nadal a été très souvent perturbé par les blessures tout au long de sa carrière vu l’engagement physique qu’il met dans chaque match (genou, dos, abdominaux, coude…) et là aussi il a su adapter son jeu en fonction de ses blessures comme la modification de son service sur l’Australian Open 2019 qui lui permet quand même d’atteindre la finale contre Novak Djokovic.

NOVAK DJOKOVIC

C’est le numéro 1 mondial actuel et le tenant du titre de 3 des 4 titres du Grand Chelem. Il possède 15 titres du Grand Chelem au total et c’est celui des 3 qui allie le plus l’efficacité au plaisir de jouer, ingrédient tellement important pour durer.

Lorsqu’il gagne Roland Garros et son 12ème Grand Chelem en juin 2016, Novak a enfin atteint son Graal absolu, son objectif suprême, à savoir gagner le majeur parisien et il est tenant du titre des 4 tournois du Grand Chelem et du Masters: Colossal !!! A partir de ce moment là, il perd le sens de tous ses effort car il n’a plus d’objectifs clairement définis. Il connait une période difficile et c’est très probablement le retour en forme de Federer et Nadal qui lui redonne un petit supplément d’âme et un objectif concret : aller chercher le record de titre en Grand Chelem. Résultat; une fin d’année 2018 exceptionnelle avec 3 Grands Chelems, 2 Masters 1000 et une place de numéro 1 mondial retrouvée.

EN SYNTHESE

Ces 3 champions n’ont cessé de travailler pour faire évoluer leur jeu que ce soit à cause de leur âge (Federer), de leurs blessures ou de l’environnement (Nadal) et ils ont sans cesse repoussé leurs limites en se fixant des objectifs de plus en plus hauts pour retrouver de la motivation (Djoko). Ils sont les fantastiques exemples que pour rester bons, il faut avoir cette volonté de toujours progresser et que la motivation par l’objectivation est aussi un facteur important de progression.

Les mots en italique renvoient vers des liens vidéos de matches.

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